POURQUOI COFFEE SHOP NE RIME PLUS AVEC CANNABIS ?
EXPRESSO// ☕
Avant, les coffeeshops faisaient planer. Aujourd’hui, ils font mousser. Nés dans les années 1970 aux Pays-Bas comme vitrines de la “culture cannabis”, les coffee shops symbolisent aujourd’hui le café de spécialité, la convivialité et l’art de vivre urbain : un glissement sémantique et culturel à l’image de notre époque.
ALLONGE// 🧋
À l’origine, le mot coffee shop n’avait rien à voir avec les lattés mousseux d’Instagram.
Mellow Yellow, le premier Coffee shop à Amsterdam, était un ancien salon de thé devenu le point de départ d’une nouvelle culture. Sous couvert de servir du café, son fondateur Wernard Bruining proposait discrètement du cannabis dans une arrière-salle.
La raison était simple : il n’était pas nécessaire d’avoir de licence pour vendre du café ou du thé, contrairement à l’alcool ou la nourriture.
Avec cette petite astuce administrative naissait le terme coffeeshop, et, avec lui, une institution néerlandaise.
Mais depuis, le mot a traversé les frontières, pris un espace entre son “coffee” et son “shop” et changé de sens. En France, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, “Coffee shop” désigne simplement un lieu où l’on boit du café, dans une atmosphère cosy et tendance.
L’orthographe elle-même est devenue un marqueur culturel.
LATTE// 🍵
UNE DISTINCTION NÉE DE L’USAGE, PAS DE LA LOI
Aux Pays-Bas, le terme coffeeshop est spécifique : il désigne les établissements autorisés à vendre du cannabis dans le cadre de la loi Opiumwet (1976).
Ces lieux sont légaux sous conditions strictes : pas de publicité, pas de vente d’alcool, et pas plus de 5 grammes par client.
À l’inverse, coffee shop est un terme anglo-saxon historique apparu au XIXᵉ siècle pour désigner les cafés populaires anglais ou américains.
UNE QUESTION DE LOI ET DE MARKETING
En France, les enseignes évitent soigneusement d’écrire coffeeshop, synonyme de stupéfiants.
Même les boutiques de CBD préfèrent “coffee shop CBD”, pour éviter la confusion.
UN ESPACE EN MOINS
QUI FAIT PASSER DU “HIGH” À LA “HYPE”
🚬 “Coffeeshop” (attaché) = cannabis (Pays-Bas)
☕ “Coffee shop” (détaché) = café (partout ailleurs)
Cette distinction linguistique s’est doublée d’un repositionnement marketing :
Les cafés incarnent la modernité, la détente et l’expérience sensorielle.
Les coffeeshops néerlandais, eux, restent associés à la tolérance encadrée du cannabis.
Deux mondes, un seul mot, mais des valeurs radicalement différentes.
UNE MUTATION CULTURELLE ET ESTHÉTIQUE
Le mot coffee shop a glissé du champ psychédélique à celui du plaisir sensoriel et social. Les nouveaux établissements se veulent des tiers-lieux, à la fois bureaux, salons et laboratoires de goût.
Le café est devenu un objet culturel et un accessoire de style, partagé sur Instagram au même titre qu’une tenue ou un voyage.
TOPPING // 🍪
En juin 2018, le Canna Coffee, “le véritable premier coffeeshop français” ouvrait à Paris.
On pouvait consommer sur place des boissons et pâtisseries infusées au CBD. Mais l’aventure a tourné court : dès l’été, l’établissement a été perquisitionné et scellé. L’enquête du parquet de Paris portait sur « la détention, l’offre ou la cession de stupéfiants ».
La raison ? Une zone grise juridique : le CBD est autorisé à condition que la teneur en THC soit inférieure à 0,2 %, mais certains produits distribués présentaient des traces de THC ou étaient suspectés d’avoir un rôle “alimentaire” plutôt que cosmétique.
BARISTA // 👨🏻🍳
Pour ne pas vous faire enfumer sur ces sujets :
Plonger dans le monde des coffee shops parisiens → ICI
Mieux cerner la zone grise législative des produits dérivés du cannabis → ICI
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